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Bonaventure Kalou

 

« Vahid, on s’est parlé »

 

Le 7 juin, les Eléphants de Côte d’Ivoire ont battu la Guinée sur le score de 2 à 1. Un match qui s’est joué sans Bonaventure Kalou. En fait l’ancien joueur du Paris Saint Germain (désormais à Heerenveen au Pays bas)) est sorti du groupe depuis le Mondial 2006. A l’occasion de sa venue à Abidjan pour les vacances (il est arrivé le soir du 7 juin), nous vous proposons l‘interview que BOna a accordé à Top Visages il y a quelques jours.

 

 

• Hello Kalou ! Quelle est la couleur du temps à Heerenveen ?

- Il fait super beau à Heerenveen, une belle petite ville située à 160 km d’Amsterdam… (Ndlr : nous étions un après-midi)

 

• Ton championnat vient de prendre fin…

- Oui, on a terminé cinquième, et on est qualifiés pour la Coupe UEFA, la nouvelle Europa League. Dimanche, on a joué et remporté la finale de la coupe des Pays-Bas face à Twente, l’équipe de mon compatriote Cheick Tioté (2 -2 pendant le temps règlementaire et 5-4 aux tirs au but). J’ai marqué le 2ème but de mon équipe et un autre pendant la séance de tirs au but.

 

• Donc on peut dire que ta première saison au SC Heerenveen s’est bien passée…

- Oui, même si au début, je me suis blessé deux fois parce que physiquement, c’était dur. Ce n’est pas le même rythme qu’à Dubaï d’où je venais. Mais, j’ai commencé à retrouver la forme au fil des matches et j’ai fini en force.

 

• En termes de passes décisives, de buts marqués…ça donne quoi ?

- Plusieurs passes décisives mais, je n’ai pas marqué beaucoup de buts. J’en ai mis trois en championnat et quatre en coupe.

 

• De là-bas, tu suis certainement ce qui se passe à Abidjan et tu es informé de l’évènement malheureux qui s’est produit lors du match Côte d’Ivoire- Malawi…

- Tout à fait, déjà j’ai envoyé des messages pour présenter mes condoléances à tous ceux qui ont perdu des proches dans ce tragique évènement. Et puis, les gens vont voir un match de football pour communier, pour prendre du plaisir, et non pour perdre la vie. Les Ivoiriens ont beaucoup de problèmes, donc c’est un peu par le football qu’ils oublient leurs soucis. Il y a des choses qui ne devraient pas arriver, mais, c’est arrivé. C’est vraiment dommage…

 

• Un confrère a écrit qu’après ce match endeuillé, des joueurs de la sélection se sont retrouvés dans la soirée en boîte de nuit.

- Je ne crois pas qu’ils étaient parfaitement au courant. Maintenant, s’il s’avère qu’ils savaient bon… là, sincèrement, ils auraient dû s’abstenir, quoi.

 

• A part ce volet triste, tu suis quand même l’évolution des Eléphants dans leur poule pour les éliminatoires du Mondial 2010 ?

- Bien sûr ! Je suis tous les matches.

 

• Comment tu juges leur poule et comment tu entrevois les choses ?

- Ils sont bien partis mais, ce n’est pas une poule facile. Je veux dire qu’il n’y a pas d’équipe à négliger. Les équipes comme le Burkina, la Guinée, ce n’est pas des équipes à sous-estimer parce qu’elles ont en leur sein des professionnels qui sont habitués à ce genre de compétition. Et puis en football, ce ne sont pas toujours les meilleurs qui gagnent alors, il va falloir être concentré jusqu’au bout.

 

• Là, tu les suis de loin parce que tu n’es pas dans la sélection, qu’est-ce que ça te fait ?

- Bon. Je suis ivoirien (rire), j’aime mon équipe, j’aime mon pays, voilà. Je connais tous les joueurs qui sont en équipe nationale et je suis leur premier supporter.

 

• Mais tu aurais voulu être avec eux sur le terrain ?

- Bien sûr, j’aurai aimé être avec eux mais voilà, pour le moment, je suis dans mon club en Hollande, et la vie continue !

 

• Mais Vahid, l’entraîneur, est-ce qu’il t’a déjà appelé, il a parlé avec toi ?

- On s’est déjà rencontrés à Abidjan.

 

• Vous avez parlé de quoi ?

- On a parlé de tout et de rien. Des Eléphants, de mon club, du PSG qu’il a entraîné avant et de bien d’autres sujets.

 

• Est-ce que vous avez évoqué ton retour chez les Eléphants ?

- Non, pas spécialement. Maintenant, je dis que je suis un joueur de l’équipe nationale. Et la porte est ouverte à tous les joueurs qui peuvent apporter quelque chose aux Eléphants.

 

• Donc tu es prêt à revenir si Vahid te fait appel…

- Ouais ! Pas de problème. Je suis prêt à revenir chez les Eléphants, mais le plus important, c’est de bien jouer d’abord en club et on verra bien par la suite par rapport à mes performances.

 

• Tu n’as aucun problème avec les joueurs qui sont actuellement en sélection ?

- Non, j’ai toujours été correct avec mes camarades donc il n’y a pas de problème. Je suis en contact avec eux. Drogba, Kalunho et tous les au-tres, on s’appelle. Si je dois revenir en sélection, tout dépend du staff technique. Il y a un entraîneur qui est là. Il fait ses choix, il appelle ceux qui sont dans les meilleures dispositions possibles et puis voilà !

 

• Tu as été cadre chez les Eléphants. Tu as été capitaine. Si tu reviens, tu vas prétendre au capitanat ou bien tu laisses ce rôle à Drogba…

- Je ne sais pas, mais le plus important pour moi, c’est le jeu, ce n’est pas le rôle de capitaine.

 

• Tu as eu parfois des prestations en dents de scie avec le Eléphants qui t’ont valu des critiques acerbes du public. Qu’est-ce que tu en dis ?

- Bon, comme on dit qui aime bien châtie bien. C’est peut-être parce que le public attendait trop de moi et je n’ai pas toujours répondu à son attente. Certains ont été frustrés et je les comprends. C’est parce qu’ils m’aiment bien. En tout cas, ce n’est pas la volonté qui me manque mais, il y a parfois des jours sans.

 

• Aller au Mondial en Afrique du Sud en 2010, ça fait partie de tes rêves ?

- Oui, j’y pense comme tout bon footballeur et c’est de surcroît en Afrique.

 

• Ce serait l’idéal pour finir ta carrière, non ?

- Ça, c’est sûr ! J’ai aujourd’hui 30 ans et près de 70 sélections avec les Eléphants. J’ai commencé avec la sélection A en 1997.

 

• Entre-temps, si tu as une proposition en France, en Angleterre, en Italie…

- J’ai un contrat de deux ans avec option à Heerenveen, donc s’il y a une proposition très alléchante pour aller en France, en Angleterre, en Espagne, il n’y a aucun problème, je peux partir. Mais je suis encore là et mon club est qualifié pour la prochaine Europa League. J’ai encore 3 ou 4 ans pour jouer au haut niveau et après me consacrer à autre chose.

 

• En termes de reconversion, ça sera quoi ? Entraîneur…

- Entraîneur, non ! Il y a une grosse charge de stress. C’est trop compliqué mais je resterai dans le milieu car le foot m’a apporté beaucoup de choses donc je pense qu’il faut partager avec les autres, les jeunes… je veux essayer d’aider les jeunes à faire quelque chose, être footballeurs professionnels, leur montrer le revers de la médaille parce qu’en football, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. J’ai commencé à en discuter avec Joël Tiéhi qui a déjà un centre de formation.

 

• Tu vis avec ta famille en Hollande ?

- Non, je vis seul parce qu’il n’y a pas d’école française ici. Ma femme est donc restée à Paris avec nos trois enfants. L’aîné Kalou Junior (10 ans), sa sœur Princesse et le dernier Jesse. Après les matches, les week-ends, je vais les voir à Paris. C’est tout juste 45 minutes en avion.

 

• Donc pour manger, ça ne doit pas être facile…

- Je vais quelquefois au restaurant mais la plupart du temps, je cuisine à la maison car je me débrouille un peu. Je fais la sauce graine et la sauce arachide avec le riz. Je ne suis pas un cordon bleu mais, ça va (il rit).

 

• Et tes distractions ?

- J’écoute beaucoup de musique. Je suis éclectique en la matière. Je vais de Michael Jackson à Alpha Blondy en passant par le zouglou (Bilé Didier, Yodé et Siro) et le coupé- décalé (Dj Lewis). Les joueurs de mon club, eux, sont tombés sous le charme de BB Dj, le gamin du coupé-décalé dont ils ont vu le clip sur une chaîne en Hollande.

 



 

Eric Cossa

(Source Top Visages)

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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